L’origine de MEZEL se perd dans la nuit des temps ; le mot se dit en latin « Mesellum » d’une racine prélatine « Mes » désignant une hauteur avec le suffixe ligure « elum ».
Une autre étymologie a été avancée ; en ancien français du Moyen Age, et en langue occitane, le mot « MESEL » était employé pour désigner un lépreux et par extension le lieu où il était soigné ; on parlait aussi de « mésellerie » appelée plus tard « léproserie ».
Peu de faits saillants ont marqué l’histoire de MEZEL, qui fut ravagé par les Saxons au VI° siècle, et de nouveau par les Sarrasins au IX° siècle ; on sait aussi que le village eut à souffrir des guerres de religion, qui sévirent cruellement en Haute Provence, notamment lors du siège et de la prise de BEYNES par le Connétable de Lesdiguières.
La terre de MEZEL appartenait vers 1240 à Guigonius GALBUS, qui en était seigneur « avec toute juridiction ».
Elle fut réunie en 1246 au domaine de Provence. A cette date, la reine Jeanne et Louis d’Anjou l’inféodèrent en faveur de Guillaume Roger, Comte de Beaufort-Canillac, Vicomte de Turenne, originaire du Limousin.
En 1355, il y eut à MEZEL, une violente émeute. Ce n’est que vers 1623 que Jacques de Beaufort aliéna la seigneurie, en faveur de la communauté de MEZEL, qui devint alors ville royale, avec un viguier pour le civil et le criminel, un procureur et un greffier.
En 1785 pour combler un gros déficit du budget communal, une imposition fut décrétée par le Conseil de la communauté, sur les grains et farines. C’était l’impôt du « piquet » très impopulaire car touchant une population déjà appauvrie par la perte d’une grande partie de ses récoltes, à la suite d’un violent orage. Une révolte éclata, qui se solda par l’emprisonnement de plusieurs manifestants
Maître Pierre CHAUVET, juge Royal à MEZEL, intervint auprès du Garde des Sceaux, pour obtenir l’abolition de cet impôt et la grâce des condamnés, laquelle fut accordée par lettre patente du Roi, en novembre 1785. L’abolition de l’impôt ne le fut qu’un peu plus tard. A cette époque, la population de MEZEL comptait 903 âmes

Le 19ème siècle n’a pas apporté d’événements marquants concernant le village, qui a payé par la suite un lourd tribut aux 2 dernières guerres mondiales. Certains morts au cours de la guerre et martyrs de la résistance en 1939-1945, ont donné leur nom à trois places, et à une artère du village.
L’activité économique de MEZEL reposait uniquement, au siècle dernier, sur l’agriculture et la commercialisation de ses produits. On y cultivait le blé, la vigne, les oliviers, les plantes fourragères ; les arbres fruitiers, pruniers, poiriers, pommiers, recouvraient les paluds. Les prunes transformées en pruneaux et en pistoles (prunes épluchées, dénoyautées et séchées au soleil) faisaient l’objet d’un commerce florissant, notamment à l’exportation.

Pratiquement chaque maison possédait son séchoir sous la toiture. Quatre grands séchoirs furent construits vers 1850, pour commercialiser plus facilement la production locale, en utilisant les services du chemin de fer arrivé à MEZEL en 1891, qui permit l’expédition des pruneaux aux grossistes d’Aix en Provence et Marseille. La renommée des pistoles était telle, qu’on les vendait jusqu’en Angleterre.


Vers1900 il y avait à MEZEL, une cinquantaine de commerçants et d’artisans pour une population de 636 habitants. Avec l’exode rural et à la suite des 2 guerres mondiales, le village ne comptaient plus que 326 habitants en 1975.

A l’avant dernier recensement, 631 mézeliens vivaient dans notre commune ; 610 aujourd’hui.
MEZEL, notre village …
Il se trouve dans la zone d’attraction de DIGNE LES BAINS, ainsi que dans sa zone d’emploi et dans son bassin de vie. La commune est membre de la communauté d’agglomération, dénommée PROVENCE ALPES AGGLOMERATION.
La superficie de la commune est de 21,36 km2 ; le village est situé à 575 m d’altitude.
MEZEL est un village accueillant situé au bord de l’Asse, à 13 kms au sud de Digne-les-Bains, 34 kms au nord-ouest de Castellane et 85 kms de Draguignan, 99 kms au nord-est d’Aix-en-Provence et 50 kms à l’est de Forcalquier.
L’Asse, fruit de la réunion en amont des « Asse » de BLIEUX, de SENEZ et de CLUMANC, coule en contre-bas du village. Un élégant pont de pierre à six arches, enjambe la rivière au sud de l’agglomération.



Les pentes ensoleillées et ravinées de la colline sont recouvertes par une végétation méditerranéenne de pins, de chênes, de landes de thym et de genêts. Quelques oliveraies s’accrochent aux premières pentes de la colline.
Les promeneurs apprécieront ses ruelles fraîches en été et pourront monter jusqu’à la Chapelle Notre Dame du Rosaire pour découvrir le panorama de la vallée de l’Asse et de la montagne de BEYNES, en cela aidés par une nouvelle et magnifique table d’orientation.
Notre-Dame du Rosaire (XVIIe s.) est l’ancienne église paroissiale du village primitif de Mézel dont subsistent quelques fragments de remparts.



Une boulangerie-pâtisserie, une boucherie, une épicerie, un tabac-presse, un hôtel, un snack-bar, un restaurant, un coiffeur, un salon de soins bien être, une pharmacie, outre les artisans, les agriculteurs, les éleveurs, ainsi qu’un pôle d’activités sportives et mécaniques, participent au développement économique du village.
MEZEL a su garder le charme paisible d’un village de Haute Provence avec ses vieilles maisons serrées le long des rues, des rues aux noms fleurant bon le terroir ; la Grand’rue, l’Androne, la rue des Paysans, la rue du Mitan, l’impasse des Cabres, la rue des Fenils …


La convivialité provençale de ce village fait partie de son art de vivre, et vous invite à découvrir, le temps d’une visite, un patrimoine qui vous étonnera par son histoire et sa diversité …
Photos autorisation E.M.
